La fermeture de RT France, une censure politique inédite, un problème pour la démocratie

Les promoteurs du progrès et de la liberté sont bien silencieux après la liquidation judiciaire de RT France. Coupable d’avoir été financé par l’Etat russe, le média RT France était la cible d’Emmanuel Macron dès 2017. La guerre en Ukraine a été une aubaine pour hystériser les débats et engendrer sa fermeture.

Peu importe si RT France n’a jamais été condamné pour une seule fake news, ni d’avoir été sanctionné une seule fois par le CSA (devenu ARCOM) depuis 2019. Et oui, bien que ce média ait été certainement le plus scruté des pouvoirs politiques et du CSA, il n’a jamais été condamné pour avoir désinformé. Il a donc fermé ses portes sans avoir reçu une seule sanction judiciaire. C’est unique dans l’histoire contemporaine.

Mais à écouter Ursula von der Leyen et tous les zélotes de l’Union Européenne, Il fallait interdire RT France au nom de la liberté. N’est-ce pas orwellien ? Il y avait près 80 journalistes français, disposant tous de la carte de presse.

Qu’on les mette au chômage, et qu’on les cible comme des agents russes, disent grosso modo les va‑t‑en guerre comme Nathalie Loiseau, BHL ou certains ministres. Dans quel monde vit-on ?
Même en temps de guerre froide, aucun média – même propagandiste pro-communiste stalinien, ni rédaction, n’avait reçu telle sanction, opprobre.

Emmanuel Macron et les macronistes peuvent désormais se targuer d’une victoire sur la Russie en mettant sur le carreau plus de 100 salariés. Le tout aidé par de nombreux médias qui voyaient d’un mauvais œil RT France.

Lui qui ne se souciait pas d’avoir des recettes publicitaires pour vivre, qui embauchait en CDI ses journalistes (un milieu où la précarité règne au plus grand bonheur des grands patrons de presse), et qui avait pour tort de proposer une ligne anti-mainstream.

On se souvient tous que RT avait couvert de manière honnête les Gilets jaunes sans les qualifier – contrairement à de nombreux autres médias – de beaufs, d’extrémistes ou de populistes. Bien sûr, il y aura toujours les chiens de garde du pouvoir, Patrick Cohen, Julien Pain ou Thomas Legrand pour affirmer que RT était une entreprise de propagandistes et qu’ils ne cherchaient qu’à détruire la démocratie française. Ces esprits faibles ont gagné la bataille, celle d’être dans le camp du bien, de ceux qui censurent, manipulent les faits pour écraser un concurrent, mettre au pilori des journalistes.

Une démocratie forte ne se serait jamais permise de fermer un média… même propagandiste. Croire que RT ou même qu’un autre média puisse menacer la démocratie est d’ailleurs une idiotie complotiste. Il suffisait de regarder sérieusement RT ou de lire son site pour voir des articles mettant en avant la République ou la souveraineté de la France. Il y a pire comme menace pour notre démocratie…

RT France offrait une pluralité dans l’information. Une voix s’est définitivement éteinte depuis le 7 avril. Ceux qui s’en félicitent ou les personnalités qui se taisent (même ceux qui ont de nombreuses fois eux la parole à l’antenne de RT France) – parce que probablement lâches – ont une forte responsabilité. Car ce sont toutes les valeurs de notre République qui sont touchées.

 

Jean-Pierre LETTRON